Publicité

Dimanche 31 décembre 2006
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Uriel sans jamais oser le demander ...

Chose promise, chose dûe. J'ai dit que j'en dirais plus sur Uriel.

Mais qui est Uriel ?

Uriel est un archange. Son nom signifie Lumière de Dieu en hébreu. Son nom n'est pas contenu dans la Bible, qui ne mentionne que Michael, Gabriel et Raphael, archanges. Toutefois, nous pouvons lire d'une part dans le livre de Tobie 12 15 : " Je suis Raphael, l'un des sept Anges qui se tiennent toujours prêts à pénétrer auprès de la Gloire du Seigneur. " Et d'autre part, dans l'Apocalypse 8 2 : "Et je vis les sept Anges qui se tiennent devant Dieu ... "
Donc, ils y auraient sept archanges, et seuls trois noms furent relatés dans la Bible. Quid des autres ? La réponse se trouve - aussi mais pas seulement - dans le Livre d'Enoch, texte prétendu apocryphe ( mais lisez-le, lisez-le ! Allez, sympa, je vous donne les références : Enoch, dialogues avec Dieu et les Anges, de Pierre Jovanic et Anne-Marie Bruyant, aux éditions Le jardin des Livres ) : on y trouve Uriel, Raguel, Saraqiel et Rémiel. Enoch 1 - ou Enoch éthiopien, chapitre 75 verset 3 : "Car les temps, années, jours et signes zodiacaux qui leur correspondent, Uriel me les montra. Il est l'Ange que le maître de l'Univers a placé à la tête de toutes les lumières célestes, afin que le Soleil, la Lune et toutes les créatures célestes règnent dans le ciel, et puissent être vus depuis la Terre comme des guides, aussi bien le jour que la nuit. "
Uriel fut surnommé le quatrième archange. Il figurait dans l'iconographie chrétienne primitive. Mais en 745, le deuxième concile de rome interdit qu'il soit fait mention d'Uriel dans le calendrier, la liturgie, la prière au motif que son nom n'est pas texto dans la Bible. L'interdiction tient toujours. Toute dévotion fut brusquement prohibée. Et le nom d'Uriel tomba peu à peu dans l'oubli. N'est ce pas qu'une question de chiffre symbolique ? L'église catholique affectionne le chiffre trois ( la sacro-sainte Trinité ). Il fallait donc trois archanges, exit Uriel. Quatre, c'était le symbole des quatre points cardinaux, ou des saisons. Selon Rudolf Steiner, l'anthroposophe, Uriel serait associé à l'été ( croyez-le sur parole, c'est moi qui vous le dit ). Sept revient souvent, surtout dans les écrits judaïques. Sept archanges, sept trompettes, sept jours, sept temps ...

Et Urielle ?

Urielle était le nom de la soeur du roi Judicael de Bretagne ( vive la Bretagne ) qui régna au 7 ème siècle. Urielle est le féminin du prénom Uriel - on écrit aussi pour ces dames, Uriell ( çà ne vous rappelle rien ? ). On a déjà vu aussi Auriel ( masculin ) ou Aurielle ( féminin ). Il existe une localité, Sainte Urielle, toujours en Bretagne près de Dinan. On fête à présent les rares Uriel le 29 septembre, en même temps que les Michael, les Gabriel et les Raphael ( et certainement aussi que les Saraqiel, Raguel et Rémiel, s'il y en a ). Si l'un dans d'autres vous, amis lecteurs, a comme prénom Uriel - sait-on jamais ? -, je l'en félicite.

Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 30 décembre 2006
Nous voici dans la semaine - qui finit bientôt d'ailleurs - entre Noël et le jour de l'An. Alors ... Rien ! Rien du tout ! Pas une lettre, évidemment. De toutes façons, je me suis résignée à n'avoir pas de réponses avant au moins trois mois. Ce sera donc le printemps quand fleuriront les lettres des éditeurs dans ma boîte aux lettres ( quelle métaphore romantique ... j'en suis transportée d'émotions ). Les derniers courriers reçus dernièrement, ce sont pour les concours de poésie et de théâtre : la notice de la ville de B. ; je concourrai avec La rédemption de Faust , et mes poèmes. çà promet ... Et les concours de l'association des amis de la Poésie de mon département. Oui, moi, Uriell, je serai peut-être départementalement connue ! Quelle perspective fantastique ...

Comme je n'ai rien d'autre à rajouter, je vous parle des personnages secondaires dans mon Faust, c'est à dire, toute personne y apparaissant, même brièvement, qui ne serait pas Johannes Faust, Marguerite ou Lucifer.

Par ordre d'apparition :

les archanges

J'ai nommé Uriel, Raphael, Michael et Gabriel. Dans le descriptif des personnages, on lit " anges de belle apparence ". Donc pas d'une beauté style Mister Monde ( il est beau, celui là ? ) mais harmonieux, dignes, calmes, bien bâtis, plutôt grands et bien campés - à l'opposé de Lucifer, que je vois un peu moins grand et plus fin.

Le premier à prendre la parole, c'est Uriel. Il ouvre La rédemption de Faust  par ce que je nomme pour moi le Poème de la Création. Evidemment, faire débuter ma pièce par ce monologue d'Uriel, c'est un clin d'oeil appuyé à mon pseudonyme - nom d'artiste - Uriell ( des précisions sur Uriel dans le prochain post - Uriel L et non Uriell LL, non, vous ne saurez rien sur moi ! ). Et faire exister Uriel, le mettre en scène était aussi un façon de bousculer les dogmes, d'utiliser le nom de celui que l'on ne devait plus nommer ( cf post d'après ).
Donc, Uriel, Uriel et encore Uriel ... Comment le voyais-je ? Eh bien, je ne le voyais pas. Par conséquent, il reste pour moi un archange un peu mystérieux, solemnel, sage, en retrait.
Puisqu'il n'y a pas qu'Uriel, en voici plus sur les autres ...

Raphael est le suivant. Il ne dit qu'une strophe, mais quelle strophe ! Lui aussi, calme et posé.

Après, c'est Michael, réagissant à l'intervention ironique de Lucifer. J'ai déjà un peu développé sur son personnage. C'est un archange imposant, loyal, qui éprouve énormément de compassion pour Lucifer, qu'il a dû repousser du Paradis de ses mains. A la fin de Faust, il essaie de le consoler, lui posant la main sur l'épaule, tout en sachant que Lucifer, trop fier, refusera ce geste plein de tendresse. C'est pouquoi, même s'il ne se compromet pas avec l'ex-archange, il tente toujours de le convaincre qu'il y a encore un espoir, que lui, Michael croit en la possibilité d'une rédemption pour Lucifer. Il argumente calmement avec lui, très paternel - ou fraternel. On sent que Lucifer a du respect pour Michael - il l'écoute -, respect physique d'abord puisque ce dernier l'a vaincu lors de la bataille dans le Ciel, mais aussi respect moral ( l'ange déchu sait au fin fond de lui-même que Michael, le  chef des armées célestes, le fidèle lieutenant, l'archange des archanges, a peut-être bien raison ). Quelque part, Michael a pris la place que pouvait occuper Lucifer avant sa déchéance - sans être aussi beau et savant que lui ( ce qui lui a évité de devenir trop orgueilleux ? ). Michael, c'est celui qui fait front sans crainte à Lucifer, et qui est écouté : quand à la scène finale, Michael, assisté des autres archanges, demande à Lucifer de lâcher ses proies et de respecter le terme de son pari, ce dernier obéit sans trop discuter, la tête basse, rageant, mais conscient de son impuissance face aux forces angéliques.

Et enfin, Gabriel ... Gabriel, je lui vois - ou plutôt entends - une voix très douce. Quand Lucifer se moque des Hommes et de leurs faiblesses, il est sincèrement du fond du coeur attristé, et essaie d'argumenter, prenant leur défense. C'est lui qui, à titre d'exemple, parle de Johannes Faust le premier - et indirectement, fait commencer l'aventure !

Voilà pour mes anges. Viennent ensuite deux femmes ( oui, les femmes ne sont pas des anges ) :

Marthe Schwerlein

Il s'agit d'une femme d'à peu près 45 ans. Elle introduit un élément un peu vaudeville dans Faust - j'ai prié pour que mon Faust ne soit pas d'un ennui mortel. Marthe se retrouve chez Goethe, d'où je l'ai tiré. Elle est la voisine de Marguerite. Elles sont voisines, confidentes et amies. Marthe a un petit côté entremetteuse. Elle décomplexe Marguerite en tenant des discours à l'opposé de la morale culpabilisante. Elle apparait un peu cupide et nous fait rire quand elle se pavane au bras de Lucifer, sans savoir à qui elle a affaire, et lui affirme qu'il est bon à marier, flattée qu'elle est qu'un homme plus jeune lui fasse la cour. Elle aussi vient d'un milieu très modeste. Elle représente un peu l'opposée de Marguerite, jeune femme timide, en montrant de la hardiesse et de l'assurance. En définitive, elle n'a pas mauvais coeur et se trouve pleine de bonhommie.

Mathilde

C'est la reprise du personnage de Lisette, dans la scène du Faust de Goethe, Marguerite au lavoir. Je l'ai rebaptisé Mathilde, nom médiéval. Ainsi, les trois femmes de l'histoire ont un nom en M : Marguerite, Marthe et Mathilde. Quel intérêt ? Aucun, cela m'amusait, c'est tout.
Mathilde a l'âge de Marguerite. C'est une jeune femme d'un milieu modeste aussi. Elle est plus assurée que son amie d'enfance. Par elle, nous apprenons indirectement que Marguerite a bien succombé aux avances de Johannes Faust, et qu'elle est même enceinte de ses oeuvres. Elle a plus d'intérêt parce qu'elle amène à l'action que parce qu'elle est.

Voici enfin deux personnages secondaires qui sont des pluralités, à la façon des choeurs grecs :

le choeur des croyants

Il entre en action au début ( scène de Pâques, lisez logiquement mon post de Noël ). En chantant les chants de Pâques, il fait douter Faust, puis amène sa révolte.
Puis on le retrouve dans la scène fameuse de l'église, où le choeur entonne le Dies Irae ( texte traduit en français mis en alexandrins ) - un jour plein de colère ... -  ce qui met Marguerite atrocement mal à l'aise.

les esprits

Il s'agit d'anges déchus, partisans de Lucifer et qui furent entraînés dans sa chute. Ils dansent gracieusement et chantent des chansons d'amour sensuelles ainsi que l'ode à Lucifer, que j'appelle pour moi La chute d'un ange , où ils rappellent la gloire passée de leur maître.

Voilà, voilà, je n'ai oublié personne ?


Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 27 décembre 2006
" Le paradis, tel qu'on le conçoit habituellement, est un endroit si stupide, si inutile, si misérable que personne ne s'est jamais aventuré à décrire une journée au paradis, alors que plein de gens ont très bien parlé d'une journée au bord de la mer. "

Bernard Shaw, les Pensées

Je vous laisse méditer sur la question ... je lui aurais peut-être rendu service en le damnant, mon Faust ?
Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 décembre 2006
Joyeux Noël à tous ! Et paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté !

L'occasion était toute trouvée. Entre-nous, j'ai bien modifié les passages qui posaient problème.
Ce qui me donne envie de vous parler du thème de Pâques dans Faust.

Rappelons-nous l'histoire. Johannes Faust, au désespoir, s'apprête à se suicider en buvant une coupe de poison quand vient l'aube. Les cloches de l'église célébrant Pâques sonnent à la volée, l'arrêtant net dans son geste. C'est alors qu'il se reprend ( pour un temps très bref qui précède la révolte dans mon histoire ).
Quelle symbolique de Pâques ?
Ainsi que tu le sais, ami lecteur, Pâques commémore la résurrection de Jésus Christ d'entre les morts. Il s'agit donc de la victoire de la vie sur la mort. Notre foi ne sera pas vaine, la mort ne sera pas le terme de notre vie, elle ne sera qu'un sommeil en attendant la résurrection au jour du jugement dernier. Le fait que la scène de la tentative de suicide de Faust se passe à l'aube n'est pas innocente. D'abord, c'est plus logique, puisque la nuit est propice aux angoisses et au désespoir. Avec l'aube revient l'espérance. Et puis cette nuit n'est pas que phénomène astronomique. Elle symbolise les ténèbres qui entourent l'âme de Johannes Faust - ce même Faust qui tient un calice qui contient la mort.
Laissons parler O.J. Hartmann, auteur de Faust, la rencontre avec le mal , aux éditions Triades ( il commente évidemment l'histoire de Goethe ) : " La nuit touche à sa fin, ... l'aurore s'annonce, le soleil approche. Mais le lever de soleil physique n'est que le symbole d'un lever de soleil spirituel. ... Le message des cloches de Pâques sauve Faust du suicide, le rend à la vie et l'appelle à triompher de lui-même. ... Le son des cloches pascales, dans le Faust de Goethe, fait allusion à des mystères ... En effet, il y a deux sortes de mort : une mort qui est anéantissement et fin, une autre mort qui est éveil et recommencement."

Voilà, maintenant, que trouverais-je à vous écrire quand reviendront les temps pascals ? Rassurez-vous, je ne parlerai pas de Noël, dans Faust, il n'est question que de printemps ; encore un symbole, le printemps, le même que celui de l'aube et que celui de Pâques : c'est le symbole de la renaissance, ainsi que de l'espérance. D'ailleurs, vous croyez que c'est un hasard, vous, si Pâques a lieu au printemps ? Normalement oui. Mais finalement, j'en arrive à douter après ce que je viens de vous relater.
Sur ce, joyeux Noël encore !
Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Dimanche 24 décembre 2006
La palme de ma première réponse revient aux éditions C-B, reçue il y a deux jours. En fait, cela ne compte pas, c'est moi qui ai fait une erreur de casting, ils ne publient pas de théâtre, sauf un auteur " qui leur fait confiance depuis longtemps ". Tu parles, comment leur faire confiance depuis longtemps s'ils ne prennent aucun nouveau ? Bref, ils me demandent 2E90 en timbres pour le retour du manuscrit. Quel chance ils ont d'avoir des tarifs privilèges avec la Poste. J'ai payé, mon manuscrit me resservira. D'ailleurs ...
ARGHHHHHH ! J'ai fini par trouver une faute à l'intérieur. J'avais pourtant effectué des relectures successives jusqu'à plus soif, jusqu'à mourir d'ennui à la lecture de la première phrase. A ce sujet, plus on relit, moins on n'y voit. Donc, après dix jours, en reprenant ma littérature, j'ai décelé une magnifique redite, comment a-t-elle pu m'échapper ? Je vais reprendre mon manuscrit - le vrai - pour tenter de comprendre. Et je vais réécrire le dit passage- aujourd'hui ! juste avant le réveillon de la Noël. Oui, parce qu'après ... je ne serai peut-être pas en état. Tant mieux si mes premiers envois me reviennent, je meurs de honte à l'idée que le texte ne soit pas parfait.
Il n'y a pas que mon texte pour contenir des erreurs. Le fameux Comment se faire éditer ? aussi. Je m'aperçois qu'il manque des éditeurs, j'ai découvert d'autres adresses, nationales et régionales. Cela vaut le coup de téléphoner ou visiter le site web des éditeurs, pour vérifier que l'adresse du guide est la bonne, que l'éditeur publie bien les genres mentionnés, ou pas d'autres non cités. Du coup, mon livre est plein de notes. A la fin, je leur en fais part ? Que croyez-vous que je recevrais en échange ? Une lettre de dépit ? Leur reconnaissance éternelle ? Pas le guide 2007, j'espère.
La DRAC m'a finalement répondu. C'est là qu'on mesure leur utilité. Ils me disent qu'il faut que je m'adresse pour toutes mes questions ailleurs où je trouverai sûrement une réponse. On parie ? Je suis sûre que si je m'y déplaçais, je n'apprendrai rien de plus. Enfin, comme je n'ai rien à perdre, à part mon temps précieux, j'y ai tout à gagner. J'essaie de voir la meilleure façon de prospecter pour les troupes de théâtre, car je n'y connais pas grand chose dans ce milieu. Peut-être le meilleur moyen d'être joué est-il de produire soi-même sa pièce ? Ce serait une vraie aventure. Ce Faust a certainement beaucoup à m'apporter. Et comme c'est bientôt Noël ...
Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 22 décembre 2006
Lucifer est-il heureux ?
Ami lecteur, qu'en penses-tu ?

J'ai choisi de répondre fugitivement à la question tout au long de mon Faust. D'abord, d'emblée, le personnage est campé dans le Prologue dans le Ciel . On y voit un Lucifer, très familier avec les autres archanges, en particulier avec Michael, et qui évoque, un bref instant, le temps révolu où lui aussi était parmi eux. Et de conclure avec pessimisme que de même que lui, l'Homme ne peut que chuter.
Ensuite dans l'acte 3, il y a une scène - celle de la nuit de pleine lune avec les esprits - où Lucifer confie à J.Faust qu'il aime à réunir ceux qui tombèrent avec lui ( un tiers des étoiles  ) en mémoire du passé. Suit de la part des esprits une ode à Lucifer, descriptive de sa gloire passée et de sa déchéance. Et l'on voit alors un Lucifer rêveur, mais qui se reprend vite pour faire bonne figure devant son invité.
Enfin l'épilogue dans le Ciel, où l'on voit Michael tenter de faire douter Lucifer, en lui rappelant l'archange brillant qu'il fut, l'amour de Dieu et son infinie miséricorde. On comprend à la toute fin que son interlocuteur n'est pas aussi sûr de lui que l'image qu'il veut bien donner. On ressent même la douleur de l'ange déchu, trop fier pour avouer son erreur, pour demander pardon à son créateur.

Lucifer est donc habité par une certaine mélancolie, une certaine nostalgie. Il n'apparait pas heureux dans La rédemption de Faust . Comment pourrait-il en être autrement ? C'est finalement paradoxalement ce qui lui donne des côtés très humains. Je m'explique. Cette humanité se trouve dans ses défauts et ses traits de personnalité : orgueil, vanité, colère, désir de vengeance, sentiments d'injustice, nostalgie du passé,  tristesse, peut-être même appréhension face à l'avenir ( car il se sait en fait condamné, il a conscience de sa finitude ).
On peut vraiment dire qu' il y a une certaine humanité en Lucifer.
De manière plus générale, je puis affirmer que s'Il nous a créé à Son image, tout comme les anges auparavant, il n'est guère étonnant qu'il y ait un peu de nous en eux, un peu d'eux en nous, et un peu de Lui en tous. Vous m'avez suivi ?
Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 21 décembre 2006
Suite des propos précédents. Il est temps de parler un peu du personnage de Lucifer dans ma pièce. Comment je le concevais, comment il vit dans cette histoire.

Lucifer, donc, est l'élément clef dans Faust. Sans lui, pas d'histoire. Pas de Diable, pas de pacte, pas de Faust. Rien ! Pas de pari, rien n'arrive au pauvre Johannes. Il se suicide et ne connaîtra jamais l'amour de Marguerite. Par Lucifer, tout devient possible. Le meilleur ... et aussi le pire, qui est à venir dans le troisième acte.
Physiquement, Lucifer est très beau. Souvenons-nous, il a été gâté lors de sa création. C'est l'ange de Lumière. Moi, je l'imagine bien cheveux longs très clairs, yeux très clairs, il faut que cette lumière se traduise physiquement en lui. Mais c'est une lumière glacée. Beaucoup de froideur se dégage de cet être. Aucune bonté n'émane de Lucifer. Son âge est indéfinissable, comme pour tout ange. Il n'a l'air ni particulièrement jeune, ni âgé. Il a des traits fins et élégants. Il est plein de Grâce encore ; toutefois, cette grâce n'est plus qu'une apparence.
Parlons à présent de sa personnalité. Lucifer est orgueilleux - c'est cet orgueil qui causa sa chute. Voilà pourquoi je ne l'imaginais pas faire le clown auprès de J.F. Ce qui ne veut pas dire qu'il soit dépourvu d'humour. Il est même plein d'ironie cynique, mais il ne rit jamais de lui-même, c'est un humour cinglant, méchant. Lucifer n'est jamais trop familier. Quand il dit mon ami à Johannes Faust, le tutoie et l'appelle par son prénom, c'est pour mieux acquérir sa confiance. De toutes façons, Lucifer ne vouvoie personne, il ne s'y abaisserait pas. N'oublions pas qu'il déteste les humains. Donc, il n' y a aucune familiarité sincère avec eux. Il parle bien, tel un seigneur, avec distinction et éloquence. Il est très intelligent et cultivé, son savoir est immense. Ce qui le rend redoutable. Il est plein de verve, d'insolence, d'à propos toujours, de sagesse parfois. Ce rôle doit être joué avec éclat. Lucifer rayonne, est plein de présence ; il ne saurait être terne.
J.F. accepte l'aide du Diable en ne signant aucun pacte de prime abord. Il pense dominer la situation. Quand il s'aperçoit que depuis le début, c'est son étrange compagnon qui contrôle tout, c'est trop tard. J.F. signe la rédition de son âme, espérant, à défaut de sauver la sienne, sauver celle de Marguerite, mais c'est encore une illusion. Lucifer, sans aucune pitié, a l'intention d'entraîner Marguerite dans la chute de Johannes. Seule l'intervention du Ciel, rappelant au Diable les termes de son pari, sauve les malheureux. ( zut, çà y est, j'ai vendu la mêche. Difficile de commenter une histoire que personne n'a lu ! )
Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 20 décembre 2006
Eh non, le personnage clef dans Faust,ce n'est pas vraiment Faust ! Le troisième élément de la trilogie est en fait le pilier de l'histoire. J'ai nommé, Lucifer.

Vaste sujet, ce post n'y suffira pas ( tiens, aujourd'hui, encore trois exemplaires d'envoyés, rien qu'à de grandes maisons d'édition ... Je redeviens ambitieuse. ).

Lucifer, pas Méphistophélès ?

Lucifer ... Mais, pourquoi lui et pas le fameux Méphistophélès, traditionnellement éternel faire-valoir de Faust dans toutes ses aventures ? Parce que cela ne me plaisait pas. Pour moi, si pacte il devait y avoir, ce devait être le diable en personne. Méphistophélès était plus un bouffon, un fou du roi, un pitre auprès de Faust qu'autre chose, usant de tant à d'autre de magie. Il n'y a que chez Berlioz qu'il commence à faire peur à la toute fin ( la fameuse course à l'abîme, suivi du choeur des démons où l'on voit Faust, traîné en Enfer par la ruse ).Même chez Goethe, il est encore trop aimable, sauf à l'avant-dernier vers Ici, à moi ! ( il emmène Faust, mais pas en Enfer, on le sait grâce à l'existence du Faust 2 ).
Donc, il fallait que le diable soit diabolique, soit vraiment Le Mal, mais sous un aspect séduisant, trompeur, qu'il incarne la beauté du mal.On dit que pour qu'une histoire soit bonne, il faut que le méchant soit vraiment méchant mais pas trop quand même, qu'il ait un fond d'humanité en lui. Je sais, ce n'est pas très profond, mais c'est une tactique efficace qui a fait ses preuves. Par conséquent, c'est Lucifer lui même qui se donne la peine de venir corrompre Johannes Faust.

C'est qui, celui-là ?

Allons, fichtre, quelle ignorance et quelle offense ... Lis donc, ami lecteur, les posts précédents où il est question de rédemption et de damnation - notamment, le pacte avec le Diable . J'en ai déjà parlé. Lucifer, en latin étymologiquement Celui qui porte la lumière, est un ange déchu, - le plus beau et le plus savant de tous, murmure-t-on -. A ce propos, ne manquez pas de lire Les litanies de Satan, dans le recueil de poésie de Charles Baudelaire, Les fleurs du Mal . Je ne résiste pas, je vous copie un extrait :

O toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
Dieu trahi par le sort et privé de louanges,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !

O Prince de l'exil, à qui l'on a fait tort,
Et qui vaincu, toujours, te redresses plus fort,

O Satan, prends pitié de ma longue misère !
...

Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
De l'Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence !
Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science
Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront !

Banni du Ciel définitivement pour cause de rebellion et d'orgueil démesuré, il erre depuis sur terre, plein de haine et de vengeance. Parce qu'il est tombé, précipité dans l'abîme par Michael et ses pairs, entraînant avec lui d'autres anges ralliés à sa cause, il ne va souhaiter qu'une chose : que la nouvelle création de Dieu, l'Homme - qu'il méprise et déteste -, se détourne elle aussi du Ciel, lui donnant ainsi raison contre tous.

Pourquoi ce serait lui, le personnage principal ?

La pièce - la mienne ! La rédemption de Faust - commence et finit avec lui. Elle s'ouvre avec le Prologue dans le Ciel ( idée repris de Goethe qui la prit de la Bible - dans le livre de Job - et remaniée par mes soins ). Comme écrit précédemment, l'histoire qui suit est la conséquence du pari fait au Ciel entre les archanges et Lucifer. Ce dernier prédit la perte de l'homme, en particulier celle de J.F., dont le nom est évoqué en exemple par Gabriel. Michael - le porte-parole de Dieu ( impossible pour moi d'imaginer mettre Dieu en scène comme Goethe et le faire parler ) permet à Lucifer de démontrer ses assertions. Toutefois, si J.F. devait se tourner vers son créateur, le pari sera perdu pour son initiateur.
J'ai choisi de faire un épilogue dans le Ciel : il y avait un prologue, donc par symétrie, je voulais un épilogue, conclusion spirituelle. L'histoire est terminée, nous venons juste de quitter J.F. et Marguerite. Dans l'épilogue, on voit Lucifer, dépité par la perte de son pari, s'entretenir avec Michael, dont on perçoit en fait à quel point il est proche. Ce Michael, pour Lucifer, c'est un peu le grand frère, celui qui est resté fidèle au Père, celui qui espère toujours son retour et compatit - sans compromission toutefois, il reste très lucide.
Au delà du pari - J.F. se perdra-t-il sur le chemin du Salut ?, il se trace en fait une interrogation plus haute. La voici : Lucifer lui-même sera-t-il sauvé à la fin des temps ?
Michael pense que cela est possible. Lucifer abbhorre cette idée, la rejetant par orgueil, refusant d'avoir tort.
Que dit la Bible à ce sujet ? La réponse est dans l'Apocalypse. Le Diable et ses anges seront jetés dans l'étang de feu. Oui, mais ( cf le post être sauvé ou ne pas l'être ... ) l'étang de Feu est un symbole. Celui de l'anéantissement définitif. Alors, il sera détruit, sans avoir eu l'opportunité d'un repentir ? Pourrait-on interprèter autrement ce passage ? Pourrait-on considérer qu'il annonce que le Mal sera détruit ? Et que dans ce cas, on puisse imaginer que l'archange Lucifer subsiste après avoir chassé le Mal qu'il avait laissé s'installer en son sein ? Peut-être, peut-être pas ...
Dans la Rédemption de Faust, la question est posée. L'espoir existe - toute la pièce est une formidable leçon d'espérance : même Lucifer peut être sauvé. Mais cela ne dépendra que de lui. Et la partie est loin d'être gagnée.


Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 18 décembre 2006
Trois autres exemplaires d'envoyés samedi ...

Donc, je vous parle de Marguerite, deuxième élément du trio.
Le personnage de Marguerite est une invention de Goethe ( rendons à César ... ). Il est absent des versions antérieures du conte, plutôt axées sur le côté magie noire.

Marguerite est l'appât parfait trouvé par le diable pour amener J.F. à pactiser avec lui. Quelque part, elle est la victime à son insu de la quête désespérée de J.F. pour trouver le bonheur. Elle n'est pas extraordinairement belle, ou cultivée. C'est une jeune femme issue d'un milieu très modeste, ce qui contraste avec Faust qui lui, on le devine, est un universitaire issu d'un milieu quelque peu aisé. Finalement, Marguerite n'a pas de distinction particulière si ce n'est sa jeunesse( vingt ans environ ) et son caractère rangé, pieux. On devine que la magie qui émane de Lucifer pousse J.Faust à tomber fou amoureux d'elle, d'autant plus que c'est la première fois qu'il aime vraiment. La même magie fait entrevoir à Marguerite dans ses songes son futur amant, rêves prémonitoires qui la pousseront sans résistance ( même si J.F. se fait tout d'abord éconduire ) dans les bras de Johannes : j'ai repris là une idée présente dans le livret de Berlioz qui me semblait intéressante ( on ne la retrouve pas chez Goethe ). Cette magie, le somptueux présent du Diable ( les fameux bijoux ! Vous savez, la Castafiore ... ) de la part de J.Faust, les discours pleins d'éloquence de son prétendant, l'atmosphère féérique de leur dialogue dans le jardin de Marthe la nuit sous les étoiles ... feront que la belle tombe littéralement sous le charme, de façon quasi-inévitable.
On apprend alors au troisième acte qu'elle est enceinte des oeuvres de son amant. C'est là que je change la fin de l'histoire. Pouvait-on encore concevoir au 21ème siècle ( même au 20ème ) qu'elle aille en prison pour infanticide et monte sur l'échafaud ? Que la douce et pieuse Marguerite tue son bébé en le noyant, juste parce que Faust la délaisse ? Qu'elle soit mise au ban de la société, damnée éternellement pour s'être laissée séduite ? Moi, non. La fin était trop cruelle (Goethe s'était inspiré d'un fait divers de l'époque), trop en contradiction avec la douceur de cette femme, trop anachronique, trop éloignée des moeurs actuelles de notre société. Il fallait la changer. Bon, pour l'instant, je ne vous dis pas quelle fin exactement j'ai imaginé. Suspens ...

Peut-être que dans le prochain post, je vous entretiens du troisième élément du trio ? Celui-là vaut le détour .
Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 15 décembre 2006
J'avoue être déjà un peu lasse de tout le travail de bureau nécessaire à la publicité de mon oeuvre.
J'ai reçu le livre sur les concours et prix littéraires : très complet, mais en fait avec le genre que j'ai choisi ( théâtre en vers ), très peu me concernent : quatre, pas plus - sous réserve. Alors ... re-courrier, re-notices, coups de fil. Je vais envoyer le dossier de la fondation B. d'ici le printemps prochain, il faudra que je rédige une notice ( j'ai déjà commencé dans ce blog ! ).
Donc question concours, mieux vaut écrire petits poèmes et nouvelles que de voir grand comme je l'ai fait. Tant pis, je vais en profiter pour améliorer certaines poésies que j'ai déjà écrites , et en créer d'autres ( je ne suis pourtant pas très productive. En moyenne un ou deux poèmes par an ). Cet hiver, je préparerai le printemps ( des poètes ). J'ai découvert à cette occasion une association de mon département qui organise des concours l'an prochain.
Mais bon, c'est ce Faust qui m'intéresse. Je veux le voir sur scène ! ( si une compagnie de théâtre me lit ... ) On y croit, on y croit !
Deux manuscrits d'envoyés aujourd'hui ( 8E50 par exemplaire ). Six autres en passe de l'être.
Pas facile la vie d'auteur ! Je veux bien que cela ne me rapporte rien, mais qu'au moins cela ne me coûte pas trop cher !
La prochaine fois que je pianote sur mon clavier ici, ami lecteur, je cesse de me plaindre et continue mon explication de texte sur les personnages de Faust. Peut-être serait-il temps de mettre une femme à l'honneur ( les femmes représentent tout de même la moitié de l'humanité ), et par conséquent de parler de Marguerite.
Par Uriell - Publié dans : leretourdefaust
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus